Sam Ibtissem

Taille du texte

Qu’en sait-on de l’idéal, au fond ? N’aurait-il pas le goût du délice ? En y goûtant, je casse déjà sa forme. Et son goût, doucement, dans ma bouche se glisse vers une envie d’encore. Encore. Jusqu’à le goûter Jusqu’à ne plus le goûter, jusqu’à vouloir plus de goût, comme si le délice, à force d’être désiré, finissait par ne plus suffire. Je fais le tour des choses, le tour des êtres, le tour des rêves, avec cette étrange croyance que quelque part existe une saveur qui ne s’épuise pas. Mais peut-être faisons-nous le tour du monde pour cela : retrouver le goût de ce que nous avons cessé de goûter. Et si l’idéal n’était pas ce qui nous manque, mais ce que nous perdons dès l’instant où nous voulons le posséder ? Alors je comprends peut-être pourquoi le monde est rond. Pour que jamais le désir ne rencontre de fin.